L’origine de la marqueterie de paille
Les origines de la marqueterie de paille remontent à plusieurs siècles. Cependant, il est impossible de dater précisément l’utilisation de la paille en marqueterie. Cette technique a été peut-être importée d’Asie par des marchands, voyageurs de la route de la soie au travers d’échanges commerciaux.
La paille utilisée comme matériau décoratif apparaît dès le XVIᵉ siècle. Les importations de bois exotiques ont permis l’essor de mobilier recouverts de marqueteries d’essences rares. Elles ont également induit, en opposition, l’utilisation d’une matière première présente en abondance dans nos régions et peu onéreuse.
Le XVIIe siècle
Les techniques utilisées à cette époque étaient dit “en applique”. Les brins de paille étaient alors collés côte à côte avec des espaces ou non entre les brins, sur un fond noir en général. Pour les motifs floraux, les éléments, pétales ou feuilles, étaient collés quant à eux en surépaisseur. Les sujets étaient essentiellement d’ordre religieux.
Le XVIIIe siècle: L’apogée de la marqueterie de paille
La datation des premiers objets retrouvés, avec un décor en marqueterie de paille sont très difficile à dater. Les artisans ne signant pratiquement jamais leurs créations. Il est malgré tout avéré qu’une des premières œuvres répertoriées à ce jour semble être une couverture de livre de chants datée de 1711, signée Carl Hinrich Hering. Artisan Allemand, mentionné dans les registres en 1694 avec la profession de « fabricant de boîtes en paille ». Il est ensuite nommé « fabricant de babioles en paille » en 1697.
Ce siècle voit fleurir des ateliers d’artisans réalisant des objets ornés de collage de paille. On en retrouve des traces au travers des petites annonces des gazettes de l’époque. C’est le cas du sieur Chauvin qui indique à sa clientèle en 1759, tenir à disposition dans sa boutique du Marais des objets en collage de paille. Ou encore d’un certain Delasson qui de 1770 à 1778 fabriqua à Paris des meubles à décor de paille.
Dans les couvents, les moniales développent quand à elles, la technique de la broderie de paille. Elles réalisent des tableaux de broderies, des chasubles brodées sur soie ou satin et des devants d’autels. Ils sont encore visibles dans l’église de Nozeroy dans le Jura et au Freiämter Stroh-Museum de Wohlen, près Zürich, Suisse. Les brins de paille sont alors cousus à l’étoffe. Ils sont tressés de sept façons différentes pour donner vie à des décors de festons, rinceaux et autres décors.
À la fin du XVIIIe l’engouement est tel, que des lieux comme Le Puy en Velay acquièrent une notoriété qui perdure encore. Une autre technique exceptionnelle est développée par Georges-Roland Morel. La technique du gaufrage qui consiste à travailler la paille en épaisseur, en relief par rapport au fond.
Le XIXe siècle: Le travail des bagnards
La révolution française et l’époque napoléonienne voit le nombre de prisonniers de guerre augmenter fortement. L’avènement de la marine à voile, entraîne la créations de bagnes tels que ceux de Toulon, Rochefort, Brest, La Rochelle. Pour améliorer leur condition, prisonniers et bagnards, souvent artisans ou travailleurs manuels dans le civil, après leur journée de travail forcé, se mirent à produire différents objets de toute nature, parfois décorés de marqueterie de paille. Ils vendent ainsi leur production par l’intermédiaire de leurs gardiens.
La production d’objets en marqueterie de paille de ce siècle n’est pas exhaustive au travail des bagnards, de nombreux ateliers produisaient eux aussi des coffrets. Cette production est reconnaissable aux teintes développées par chaque atelier.
Le XXe siècle
La marqueterie de paille tombe peu à peu dans l’oubli pour renaître dans les années 1920. Cet artisanat d’art longtemps oublié renaît grâce aux décorateurs Jean Michel Frank et André GROULT et à l’ébéniste Adolphe Chanaux qui le remettent au goût du jour.
Jean Michel Frank n’utilisait que de la paille monochrome pour ces productions. La paille habillée à cette époque, mobilier, objets décoratifs et voit le début de la réalisation de panneaux muraux habillant les murs d’appartements privés.
Les incertitudes du moment brisent cet élan. Il faut attendre les années 1950 avec les meubles de Jean Royère, de Daniel Langlois-Berthelot et de Bernard Ayard, spécialisés dans la tabletterie pour voir la réutilisation de la marqueterie de paille.


Aujourd’hui
Aujourd’hui, la marqueterie de paille revient en force grâce au travail de Lison de Caunes, petite-fille d’André Groult qui a sauvé cet artisanat de l’oubli. De nombreux autres pays travaillent cet artisanat avec des techniques différentes et des céréales propres à leur pays.
